Alycleia tourna le dos au prince. Elle n'attendait plus rien de lui. Quelques sanglots agitaient son corps frêle couvert de sueur et de sang mais aucune larme ne quitta ses grand yeux verts.
Elle fixa le mur d'en face d'un regard vide, réfléchissant. Le prince lui avait fait promettre sur son honneur de se tenir tranquille... Elle n'avait plus d'honneur, alors pourquoi ne pas rompre son serment ?
Un flot de souvenirs s'empara peu à peu d'elle et avec le recul qu'elle avait à présent mais aussi à cause de ce qu'elle venait de subire, elle jugea que sa vie avait été et était toujours chaotique.
Elle était née mutante dans une sorte de cellule où elle resta enfermée dix années, assistant aux allés et venus d'étranges personnages qui l'observaient sous tous les angles chaques jours. Elle, ce qu'elle voulait à l'époque, c'était de voir comment c'était dehors et un beau jour lle parvint à s'enfuir.
Le doux souvenir de l'air frais qui lui caressait le visage et de la joie qu'elle avait épprouvée ce jour lui arracha un infime sourire et la belle ferma les yeux.
Enquite, à force d'errance, elle était arrivée à la capitale. A ce moment sous forme de garçon, elle dû fuir un homme qui en voulait à sa peau pour avoir volé de quoi se nourrir et trouva refuge sous l'aile protectrice de Rachid, un aubergiste. Elle vécu pendant 8 ans chez lui, jouant le rôle de serveuse le jour et offrant occasionnellement des danses enflammées au clients, se transformant en homme la nuit pour voler les riches et jouer de mauvais tours aux gardes de la ville. Et Rachid qui était toujours inquiet lors de ces escapades... Rachid qui était sa seule famille... Elle regrettait tant de l'avoir quitté pour le monde extérieur... Choix fatal car il engendra la rencontre du prince Aranhel puis celle d'Elendhal et tout ce qui s'en suivit...
Qu'aurait été sa vie si elle était née humain(e) ?
Surement bien différente...
Mais elle n'avait plus rien à perdre à présent, même plus son honneur...
Un frisson la parcouru et elle rouvrit les paupières pour de nouveau fixer le mur de son regard fade et indifférent.